J'écoute : René Aubry "Signes", Armand Amar, Gui Boratto.
Je lis : "De guerre lasse", enfin je commence vaguement.
Je cite : Sagan.
(mis à jour mardi 29 mars 2011 à 01:14)

16/03/2011

16/03/11 - 18:15

Ma vie chez vous.


Quelques fenêtres sur rue étaient allumées, souvent dans les derniers étages, alors que la nuit baignait ce morceau de ville de son macadam et de son ciel sombres, d'une profondeur inconnue et angoissante. Comme un funambule sur les pavés, j'essayais de tracer ce chemin droit, mais la vie, surgissante, disparate, derrière les fenêtres me donna une idée de la tristesse.
Il y avait des bouts de plafond, quelques luminaires, parfois le torse nu d'une silhouette entre les rideaux négligément fermés, et par cet interstice clandestin, je m'échappai et pénétrai dans une vie, une vie qui existait, quand bien même autrement et sans moi. C'est comme ça que je tomberai, j'en suis certain, dans les ténèbres de l'inexistence.
Comme un mime dans le chemin, je traverse et encombre le flux d'une vie grouillante, que j'ai bien l'impression d'imiter avec mes gants blancs. Petit garçon triste et rieur, j'habite chez vous, à qui je vole les manières, et j'en suis bien conscient. C'est un délit doux et maladif, faire semblant de vivre comme vous, alors que je suis parfaitement incapable de me déplacer comme on le ferait normalement, comme tu le ferais normalement, sans questions et sans inspirations. J'ai l'impression d'avoir tout volé dans l'espoir d'exister, parce que je voulais seulement que ce soit lui qui vienne vers ma silhouette, dans le contre-jour d'une lumière apprivoisée, à travers ma fenêtre sur rue, par l'interstice amusé de mes rideaux, quand au dehors la nuit aurait concerné un tout autre.
Dans l'échappée infinitésimale que cela représente, j'ai un peu plus perdu la voie de mon existence, c'est consternant.

13/02/2010

13/02/10 - 13:51

Amante cara...





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